Le Bénin s’apprête à franchir un cap majeur dans le renforcement de son système judiciaire. Face à l’absence de dispositif national d’analyse ADN, une faiblesse structurelle partagée par plusieurs pays de la sous-région, le gouvernement réuni en Conseil des ministres ce mercredi 3 décembre, a donné son accord pour la contractualisation en vue de l’implémentation d’une Plateforme de Recherche, d’Investigation et d’Analyse médico-légale (PRIAM).
Selon le Conseil, cette initiative vise à corriger cette insuffisance qui ralentit les procédures, complique la résolution des affaires criminelles complexes et limite la souveraineté de l’État dans la gestion des données sensibles.
Le projet consistera notamment en la mise en place d’un laboratoire modulaire robotisé de 220 m², entièrement équipé, adapté aux conditions climatiques locales; la formation certifiante de l’équipe technique dédiée ainsi qu’en des sessions spécifiques à l’attention de l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire (Officiers de police judiciaire, magistrats, greffiers, experts techniques) ; et
un accompagnement opérationnel suivi par un laboratoire d’hématologie médico-légale européen pendant deux ans, avec assistance à l’exploitation, transfert de compétences et appui à l’obtention de l’accréditation ISO 17025.
Cet ensemble intégré a l’avantage d’assurer la pleine opérationnalité du laboratoire au bout d’un an et l’accréditation internationale à l’issue de la deuxième année. Il est à signaler qu’en Afrique subsaharienne, un seul laboratoire de même type dispose actuellement de cette accréditation.
Au demeurant, la mise en œuvre de ce projet fera du Bénin le pôle régional de référence en analyse ADN, en raison des retombées évidentes telles que la maîtrise des données génétiques nationales, et l’accélération des procédures criminelles et l’amélioration du taux de résolution des enquêtes.


