dimanche, avril 19, 2026
Banner Top

Le gouvernement béninois est enfin sorti de son silence à propos de l’arrestation de l’activiste Comlan Hugues Sossoukpè, interpellé récemment à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Invité ce dimanche 20 juillet 2025 sur le plateau de Bénin Télévision, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des précisions sur cette arrestation qui continue de défrayer la chronique.

Dès le début de son intervention, le porte-parole a tenu à lever toute ambiguïté sur le statut professionnel de Comlan Hugues Sossoukpè. Selon lui, ce dernier ne détient aucune carte de presse délivrée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), ce qui, de fait, l’exclut du cadre légal du journalisme. « Il n’est pas journaliste au sens légal du terme », a-t-il martelé.

Wilfried Léandre Houngbédji accuse l’activiste de diffusion répétée d’informations fausses ou démenties, souvent dirigées contre des autorités publiques ou des citoyens. Il souligne que ces écrits ne relèveraient pas simplement de la liberté de la presse, mais pourraient constituer des atteintes à l’ordre public. « Aucune liberté de presse ne saurait justifier des écrits attentatoires au moral des troupes ou à l’intégrité du pays », a-t-il précisé, tout en réaffirmant l’attachement du gouvernement à une presse libre mais responsable.

Il appelle à distinguer clairement « le journalisme responsable » des dérives consistant, selon lui, à diffuser des propos sans fondement. « Le droit de dire, de prétendre, d’affirmer s’accompagne du devoir d’assumer ou, au minimum, de prouver ses allégations », a souligné Wilfried Léandre Houngbédji.

Par ailleurs, les conditions de l’arrestation de Comlan Hugues Sossoukpè à Abidjan ont également été abordées. Qualifiée par certains d’enlèvement, le porte-parole a rejetté fermement cette version. « J’ai lu qu’il a été interpellé par des agents de police dans le pays où il résidait. Ces derniers l’ont ensuite ramené au Bénin », a-t-il indiqué. À l’en croire, il s’agit d’une interpellation en bonne et due forme, et non un enlèvement.

Rappelons qu’après son extradition à Cotonou, Comlan Hugues Sossoukpè a été placé sous mandat de dépôt. Il est poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), pour « incitation à la rébellion », « incitation à la haine et à la violence », « harcèlement par le biais d’une communication électronique » et « apologie du terrorisme ». Le dossier a été renvoyé en instruction afin de poursuivre les investigations.

0 Comments

Leave a Comment