Le tribunal de première instance de Cotonou a examiné, ce mercredi, une affaire peu commune mettant en cause l’Institut national de la femme (INF). L’organisme public, engagé dans la défense des droits des femmes, est poursuivi par Marcel Winato Benjamin pour des publications diffusées sur les réseaux sociaux au sujet de sa condamnation judiciaire.
Déjà condamné dans une précédente procédure, le plaignant exécute actuellement une peine d’emprisonnement. Mais ses conseils rappellent que le dossier n’est pas définitivement tranché, une procédure d’appel étant toujours pendante devant la justice.
Selon la défense, l’INF aurait communiqué de manière prématurée sur cette affaire en relayant des informations avant qu’une décision définitive ne soit rendue. Les avocats du plaignant estiment ainsi que l’institution aurait porté atteinte aux principes liés à la présomption d’innocence et au respect de la procédure judiciaire en cours.
Au cœur du débat judiciaire figure donc la question des limites de l’action de l’INF dans sa mission de protection et de promotion des droits des femmes. Le tribunal devra déterminer si l’institut a agi dans le cadre légal de ses prérogatives ou s’il a outrepassé son rôle en médiatisant l’affaire.
Lors de l’audience consacrée à l’examen de la recevabilité de la plainte, les discussions ont porté sur la consignation, somme exigée du plaignant pour attester du sérieux de son action en justice. Le ministère public a proposé une caution fixée à trois millions de francs CFA.
À l’issue des débats, le dossier a été renvoyé au 1er juillet prochain pour la suite de la procédure.


