dimanche, juillet 5, 2026
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Le Tribunal des activités économiques de Lyon a ordonné, le 24 juin 2026, la liquidation judiciaire de SUSU France SAS, société mère du groupe insurtech SUSU. Cette décision concerne une entreprise qui développe des activités de distribution d’assurances en partenariat avec plusieurs compagnies dans quatre pays africains : la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal et la République démocratique du Congo.

La société française, qui exerce en qualité de courtier, s’appuie sur des partenaires assureurs locaux pour commercialiser des solutions d’assurance santé. Si la liquidation vise la maison-mère, elle soulève des interrogations sur les répercussions possibles pour les filiales africaines, leurs salariés et leurs clients.

  • Une dégradation financière progressive

Les documents financiers consultés montrent que SUSU France a enregistré des pertes durant trois exercices consécutifs, entre 2022 et 2024. Les comptes font également apparaître un déficit fiscal cumulé supérieur à deux millions d’euros.

Malgré des capitaux propres toujours positifs, ceux-ci proviennent essentiellement des levées de fonds réalisées auprès de plusieurs investisseurs depuis 2019 plutôt que des performances opérationnelles de l’entreprise. Au total, le groupe aurait mobilisé près de 9 millions de dollars auprès de fonds d’investissement spécialisés, avec le soutien de partenaires institutionnels.

Les documents examinés font aussi ressortir une différence de plus de 125 000 euros entre deux documents financiers portant sur l’exercice 2024. Cet écart n’est pas expliqué dans les pièces disponibles et alimente les interrogations sur la cohérence du reporting financier.

Par ailleurs, les créances entre la maison-mère et ses filiales ont fortement progressé en un an, sans que leur nature précise soit clairement détaillée dans les documents consultés.

  • Des conséquences potentielles pour les filiales africaines

Les filiales implantées en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Sénégal et en République démocratique du Congo disposent chacune d’une personnalité juridique propre. Toutefois, elles entretenaient des liens financiers étroits avec la société française, notamment à travers le versement de redevances de marque et d’autres flux internes.

Selon les informations disponibles, le groupe emploierait entre 40 et 45 salariés dans ces quatre pays. La liquidation de la maison-mère pourrait donc avoir des conséquences sur l’organisation et le fonctionnement des structures locales, même si leur situation juridique reste distincte.

Des interrogations subsistent également sur le règlement des cotisations sociales dans les différents pays concernés. Aucune information ne permet, à ce stade, de confirmer ou d’infirmer la régularité des obligations sociales des filiales.

  • Les clients également concernés

Au-delà des salariés, cette situation pourrait également susciter des inquiétudes chez les assurés ayant souscrit des contrats via SUSU, notamment les membres de la diaspora ayant financé une couverture santé pour leurs proches en Afrique, ainsi que les entreprises ayant assuré leurs employés par l’intermédiaire du groupe.

La continuité des prestations dépendra notamment de la situation propre de chaque filiale et des accords conclus avec les compagnies d’assurance partenaires.

  • Un cas qui relance le débat sur la gouvernance des startups

Au-delà du cas de SUSU, cette liquidation remet en lumière les enjeux de gouvernance des startups financées depuis l’Europe pour développer leurs activités en Afrique.

Le dossier met notamment en évidence plusieurs points de vigilance : la solidité de la gouvernance des groupes internationaux, l’autonomie financière des filiales locales, la qualité du reporting financier ainsi que la capacité des structures africaines à poursuivre leurs activités indépendamment de leur maison-mère.

Pour les investisseurs comme pour les autorités de régulation, cette affaire rappelle l’importance d’évaluer non seulement le potentiel commercial d’une entreprise, mais aussi la robustesse de son organisation financière et juridique, particulièrement lorsqu’elle intervient sur plusieurs marchés africains.

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