mercredi, mai 13, 2026
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La Police républicaine renforce sa lutte contre les réseaux d’escroquerie de masse opérant sous la bannière de QNET et de structures assimilées. Depuis 2018, les autorités béninoises multiplient les opérations pour démanteler ces organisations accusées d’exploiter la vulnérabilité des jeunes à travers des systèmes de type pyramidal.

Dans un point d’étape rendu public, la police indique que cette lutte est principalement portée par la Brigade Économique et Financière (BEF), engagée depuis près de huit ans contre cette criminalité économique jugée particulièrement préoccupante.

Selon la Police républicaine, les réseaux QNET et assimilés opèrent sous couvert d’activités commerciales ou de prétendues opportunités d’affaires. En réalité, ils reposeraient sur des mécanismes d’« escroquerie de type Ponzi », parfois via Internet.

Les victimes, majoritairement des jeunes, sont attirées par des promesses de revenus élevés, d’emplois bien rémunérés ou encore d’opportunités commerciales à l’étranger. « Derrière une façade de respectabilité commerciale se dissimulent des pratiques chimériques », souligne la police, évoquant des systèmes qui poussent les recrues à solliciter leurs proches et familles pour investir de l’argent.

Outre QNET, plusieurs autres structures ont fait l’objet d’enquêtes au Bénin, notamment HIGHLIFE, CHYMALL, ALPHA-OMEGA-COINS (AOC) et TIENS DESTINATION SUCCÈS COMMUNICATION.

De 2018 à avril 2026, la Brigade Économique et Financière a conduit ou coordonné près de 70 opérations ciblant ces réseaux d’escroquerie. La première intervention d’envergure remonte au 6 février 2018 dans la commune de Abomey-Calavi. Cette opération avait conduit à l’interpellation de 187 personnes. Une somme de 20 726 075 FCFA avait également été saisie et déposée au greffe du tribunal d’Abomey-Calavi, tandis que dix présumés meneurs avaient été présentés au procureur.

Le bilan global communiqué par la police fait état de 1 386 personnes interpellées entre 2018 et avril 2026. Parmi elles, 412 ont été déférées devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme.

Face au caractère transfrontalier du phénomène, les autorités béninoises ont également renforcé leur coopération avec plusieurs pays de la sous-région.

Des opérations ont ainsi été menées au Togo, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au Ghana afin de démanteler des réseaux impliquant des ressortissants béninois, parfois auteurs, complices ou victimes.

La police rappelle également qu’en avril 2022, 143 jeunes camerounais avaient été libérés de ces réseaux, illustrant selon elle « la portée humanitaire » des opérations engagées.

À travers cette communication, la Police républicaine appelle les populations, notamment les jeunes, à la prudence face aux offres alléchantes diffusées par ces organisations. Les autorités mettent particulièrement en garde contre les promesses de recrutements à l’étranger, d’activités commerciales très rentables ou de gains rapides. « La lutte se poursuit, et chaque citoyen est appelé à devenir un maillon essentiel de cette chaîne de vigilance collective », insiste la police.

Au-delà des statistiques, les autorités béninoises affirment vouloir protéger la jeunesse contre « les sirènes trompeuses de l’argent facile » et les conséquences sociales et économiques de ces réseaux frauduleux.

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