Élu à l’issue de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, le président de la République, Romuald Wadagni, est attendu pour sa prestation de serment prévue le dimanche 24 mai 2026. Toutefois, à quelques semaines de cet événement majeur, une incertitude juridique et institutionnelle suscite déjà des débats au sein de l’opinion publique.
En cause : l’impossibilité matérielle de la présence du bureau du Sénat lors de la cérémonie d’investiture, alors même que cette institution est explicitement mentionnée dans les textes encadrant la prestation de serment du chef de l’État.
Le Sénat, institué par la loi n° 2025-20 du 17 décembre 2025 modifiant la Constitution du 11 décembre 1990, telle que révisée en 2019, figure parmi les organes appelés à assister à la prestation de serment présidentielle. Ses attributions sont notamment précisées aux articles 57, 113-1 et 113-2 de la loi fondamentale.
Or, selon l’article 53 de la Constitution, le serment du président de la République est reçu par le président de la Cour constitutionnelle, en présence des membres de ladite Cour, de l’Assemblée nationale, ainsi que des bureaux du Sénat, de la Cour suprême et de la Cour des comptes.
Dans le contexte actuel, le Sénat n’étant pas encore installé et ses instances dirigeantes n’ayant pas été mises en place, la conformité stricte à cette disposition constitutionnelle pose question.
Face à cette situation jugée exceptionnelle, la Cour constitutionnelle a été saisie par un recours introduit par un citoyen, Midomoton Précieux Noël Dagan. Celui-ci demande à la haute juridiction de constater l’impossibilité matérielle de réunir le bureau du Sénat pour la cérémonie de prestation de serment.
La requête invite ainsi la Cour à se prononcer sur les implications juridiques de cette absence institutionnelle et sur la validité du processus d’investiture dans les conditions actuelles.
En réponse à cette saisine, la Cour constitutionnelle tiendra une audience plénière spéciale ce mardi 5 mai 2026 à 15 heures, sous la présidence du professeur Cossi Dorothé Sossa.
Les travaux porteront sur l’examen du recours et permettront de déterminer si la prestation de serment peut se dérouler conformément aux dispositions en vigueur, ou si des ajustements juridiques ou institutionnels s’imposent.



