Le Haut-commissariat à la prévention de la corruption (HCPC) en République du Bénin a annoncé la mise en place d’une commission spéciale de vérification après les graves accusations de l’ex-ministre Paulin Akponna sur de présumées malversations financières au ministère de l’Energie, de l’Eau et des Mines. L’annonce a été faite par le président de l’institution, Jacques Migan lors d’un point de presse tenu ce mardi 1er juillet 2025.
Le HCPC se saisit du dossier du détournement présumé de fonds au ministère de l’énergie, de l’eau et des mines, et ouvre une enquête. En effet, à l’occasion d’une tournée, le 21 juin dernier à Parakou, l’ancien ministre Paulin Akponna a évoqué de graves irrégularités portant sur le détournement présumé de plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa entre 2016 et 2025, au détriment de la fourniture d’eau potable et de l’électricité aux populations. « Au regard de ces allégations et conformément aux dispositions de la loi portant création, mission, organisation et fonctionnement du Haut commissariat à la prévention de la corruption, le HCPC, dans l’exercice de ces attributions, entend recueillir à titre d’information et pour besoin d’analyse les éléments afférents à ce dossier au niveau du ministère de l’Energie, de l’Eau et des Mines », a déclaré Jacques Migan.
Cette démarche, a-t-il poursuivi, vise à permettre au Haut-commissariat « d’apprécier avec objectivité les faits rapportés et le cas échéant d’évaluer les dispositifs institutionnels et administratifs de prévention de la corruption en vigueur dans le ministère concerné en vue de formuler des recommandations pertinentes ou des solutions correctives appropriées ».
Selon La Nation, la commission est composée de profils multidisciplinaires pour garantir une analyse rigoureuse et transversale des projets incriminés. Elle compte sept membres, est présidée par Alexandre Dagba, inspecteur d’État reconnu pour son expertise en audit administratif et a pour rapporteur l’expert en gouvernance Euloge Francis Atadé. Les autres membres sont : Moussa Machoudi, ingénieur en génie électrique; Guy Clegbadja, ingénieur en eau et assainissement; Dossou Kébo Assuéruse, analyste financier et contrôleur de gestion; Horace Adoukonou, spécialiste en passation des marchés publics et Gracia Adjinacou, spécialiste en suivi et évaluation.
Durant quatre semaines, ces experts devront collecter et analyser tous les documents relatifs aux projets d’investissements réalisés dans les secteurs de l’eau potable et de l’électricité. Pour le Haut commissariat, l’enjeu est double : rétablir la confiance des citoyens dans les institutions publiques et rappeler que la lutte contre la corruption reste une priorité de l’État.


