mercredi, mai 13, 2026
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La journaliste Angela Kpeidja risque une peine de deux (02) ans de prison, dont un an ferme, dans une affaire liée à des publications diffusées sur les réseaux sociaux après le coup d’État déjoué de décembre 2025 au Bénin. À l’audience de ce lundi 11 mai 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, le ministère public a également requis une amende d’un million de FCFA contre elle.

Poursuivie pour « harcèlement par le biais d’un système électronique », Angela Kpeidja, absente lors des débats, était représentée par ses avocats. L’affaire porte sur deux publications faites sur Facebook dans lesquelles elle s’interrogeait notamment sur la localisation du chef d’État-major après la tentative de putsch déjouée et évoquait les « vendeurs de mèches » de coups d’État.

Pour le parquet, ces propos allaient au-delà du cadre journalistique. Le substitut du procureur a soutenu que les publications étaient de nature agressive et visaient à exposer ou à humilier des responsables sécuritaires dans un contexte jugé sensible pour le pays.

Le ministère public estime également qu’un journaliste doit se limiter à la diffusion d’informations vérifiées et ne pas contribuer à ce qui a été qualifié de « provocation numérique ». L’accusation s’appuie sur l’article 550 du Code du numérique et considère que l’infraction peut être retenue même sans plainte directe d’une victime.

De son côté, la défense a dénoncé des réquisitions jugées disproportionnées. Les avocats de la journaliste, parmi lesquels le bâtonnier Zakari Baba Body, ont plaidé la relaxe pure et simple, estimant qu’il serait excessif d’emprisonner une journaliste pour des publications sur les réseaux sociaux, d’autant plus qu’aucune partie civile ne s’est constituée dans le dossier.

À l’issue des débats, la Cour a renvoyé le dossier au 6 juillet 2026 pour le prononcé du verdict.

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