samedi, juin 13, 2026
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Le gouvernement béninois poursuit la mise en œuvre des mesures sociales annoncées lors du Conseil des ministres du 3 juin 2026. Parmi les décisions phares figure l’instauration de la prise en charge systématique des patients présentant une urgence vitale dans l’ensemble des hôpitaux et centres de santé publics du pays.

Cette réforme vise à améliorer l’accès des populations aux soins en garantissant une intervention médicale immédiate pour toute personne dont l’état nécessite une prise en charge urgente, sans condition préalable de paiement. La mesure couvre notamment les actes de soins, les bilans et explorations diagnostiques, les transfusions sanguines, les transferts médicalisés par ambulance ainsi que l’utilisation des médicaments, de l’oxygène et d’autres produits de santé nécessaires à la stabilisation du patient.

L’une des principales innovations de cette décision réside dans l’interdiction formelle de réclamer ou d’exiger un paiement avant la prise en charge d’un patient en situation d’urgence vitale. Les soins doivent être administrés immédiatement, tandis que les démarches relatives au règlement des frais ne peuvent être engagées qu’après la stabilisation du malade.

À travers cette mesure, le gouvernement entend réduire les pertes en vies humaines liées aux retards de prise en charge dans les structures sanitaires publiques et renforcer l’équité dans l’accès aux soins d’urgence.

Pour assurer une application harmonieuse et efficace de cette réforme sur toute l’étendue du territoire national, le ministère de la Santé a rendu publiques les modalités pratiques de sa mise en œuvre dans les établissements de santé publics. Ces dispositions définissent notamment les procédures à suivre par les personnels de santé ainsi que les mécanismes organisationnels destinés à garantir une prise en charge rapide et appropriée des urgences vitales.

Voici la quintessence des modalités de mise en œuvre de la prise en charge systématique des urgences vitales dans les établissements de santé publics :

1- les responsables des centres de santé publics et les directeurs des hôpitaux publics aménagent un espace pour l’accueil et la prise en charge des urgences y compris celle des urgences vitales au niveau des services essentiels (service des urgences, service de médecine, service de chirurgie, service de pédiatrie ou de gynéco-obstétrique) de l’hôpital ou de la formation sanitaire ;

2- les responsables des centres de santé publics, les Directeurs des hôpitaux publics, les Directeurs départementaux de la Santé organisent dans chaque établissement de santé et dans chaque service des séances d’information et de sensibilisation sur le contenu de la mesure de prise en charge des urgences vitales et organisent la mise en œuvre de la mesure : aménagement de l’espace de prise en charge, mise à disposition de la liste indicative des urgences vitales, mise en place des équipes de soins, mise en place des produits de santé d’urgences vitales et des bons blancs ;

3- dans le service des urgences, il est mis en place des armoires contenant les médicaments et autres produits de santé utiles à la prise en charge des urgences vitales. Ces produits sont gérés par un personnel dédié sous la supervision conjointe du pharmacien et du Chef de service des urgences. Les produits de santé d’urgences vitales sont renouvelés par la pharmacie centrale de la formation sanitaire au fur et à mesure de leur utilisation. Une gestion digitalisée et justifiée des stocks est mise en place. Les intrants nécessaires pour la prise en charge systématique des urgences vitales sont accessibles et visibles pour tous les agents de soins dans le service des urgences ;

4- tout patient admis en situation d’urgence vitale dans les services de soins d’urgence médicale, chirurgicale, pédiatrique ou gynéco-obstétricale doit être systématiquement examiné et soigné sans aucun délai d’attente qu’il soit seul ou accompagné, muni ou pas de moyens financiers, de carte d’assurance ;

5- l’équipe médicale doit déterminer le caractère vital de l’urgence dans les 3 à 5 minutes suivant l’admission du patient en utilisant l’approche ABCD ou le protocole TETU ;

6- en fonction du volume d’utilisation des intrants, chaque structure sanitaire doit définir des seuils de stock et organiser le renouvellement des stocks d’intrants ;

7- la gestion des intrants des urgences vitales doit être confiée à un personnel infirmier formé à la gestion des médicaments et du stock ou à un logisticien qui doit s’assurer :

  • à chaque prise de service de la disponibilité et de la complétude des intrants (checklist);
  • de la gestion rigoureuse et fiable du stock ;
  • de la documentation rigoureuse de l’utilisation des intrants ;
  • du renouvellement des stocks auprès de la pharmacie centrale et du respect des seuils ;

8- pour les actes d’exploration diagnostique, les besoins en produits sanguins, les actes médicaux ou les actes chirurgicaux, un “bon blanc” sera dument signé et le service concerné devra s’exécuter immédiatement à la présentation de ce bon blanc sans délai d’attente pour le bénéfice du patient ;

9- les formalités administratives pour l’admission du patient y compris son identification ne doivent en aucun cas retarder la prise en charge médicale du patient ;

10- les coûts des intrants, examens, produits sanguins et actes réalisés dans le cadre de la stabilisation d’une urgence vitale font l’objet de facturation après la prise en charge du patient ;

11- le recouvrement des frais et coûts de la prise en charge de l’urgence vitale est assuré prioritairement auprès du patient, de son accompagnant, de son organisme assureur ou de tout mécanisme de couverture sanitaire ;

12- les responsables des centres de santé publics et les directeurs des hôpitaux publics mettent en place les outils de rapportage sous la coordination des Directions départementales de la Santé ;

13- les responsables des centres de santé publics, les Directeurs des hôpitaux publics, les médecins coordonnateurs de zone sanitaires et les Directeurs départementaux de la Santé supervisent et veillent à la mise en œuvre de la mesure de prise en charge systématique des urgences et en font un compte rendu mensuel suivant le canevas dédié.

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