La Direction nationale de campagne du Parti Les Démocrates (LD) a animé, ce mardi à Cotonou, une conférence de presse au cours de laquelle elle a dressé un bilan critique des élections législatives du 11 janvier 2026. Face aux médias, la formation politique d’opposition a dénoncé ce qu’elle qualifie de « graves irrégularités » et de « manœuvres institutionnelles » visant, selon elle, à l’exclure de la 10ᵉ législature.
Dans sa déclaration, le Parti Les Démocrates rappelle que, malgré les « obstacles contenus dans le Code électoral » et les « modifications constitutionnelles intervenues dans la nuit du 15 novembre 2025 », il a pris part au scrutin législatif, tout en étant, affirme-t-il, exclu des élections communales et de la présidentielle de 2026. Le parti évoque notamment le débauchage de six de ses anciens députés et l’absence de financement public pour mener une campagne électorale jugée sereine.
Selon la Direction nationale de campagne, le scrutin du 11 janvier, qualifié de « jour solennel dans la lutte pacifique pour la sauvegarde de la démocratie », s’est déroulé dans un contexte marqué par de nombreuses irrégularités imputées à la Commission électorale nationale autonome (CENA). Le parti cite, entre autres, l’ouverture tardive de bureaux de vote avec parfois jusqu’à huit heures de retard dans des villes comme Cotonou, Abomey-Calavi et Porto-Novo, ainsi que l’absence ou l’insuffisance de matériel électoral essentiel dans plusieurs localités.
Le Parti Les Démocrates dénonce également l’utilisation de matériels non réglementaires, tels que des urnes non scellées ou l’absence d’encre indélébile, notamment à Tchaourou et Tchatchou. Il fait état de cas de substitution de procès-verbaux, d’exclusion de ses délégués lors des opérations de compilation des résultats dans certaines communes comme Porto-Novo, Banikoara et Sinendé, ainsi que d’allégations de bourrage d’urnes après le dépouillement.
La formation politique accuse par ailleurs certains agents de la CENA de partialité, évoquant des cas d’intimidation de ses représentants, le refus de leur remettre des procès-verbaux de dépouillement et la tolérance présumée de pratiques d’achat de conscience dans certains bureaux de vote. Elle affirme que ces faits constituent une violation des articles 63 et 92 du Code électoral, qui garantissent la représentation des partis politiques dans les bureaux de vote et la remise des documents électoraux aux mandataires.
Face à cette situation, le Parti Les Démocrates appelle la CENA à respecter strictement les dispositions légales, notamment en mettant à sa disposition l’ensemble des procès-verbaux de dépouillement et de compilation. Il affirme disposer de résultats provisoires internes qui indiqueraient l’atteinte du seuil de 20 % dans plusieurs circonscriptions électorales, condition nécessaire à l’obtention de sièges à l’Assemblée nationale.
Enfin, le parti dit prendre à témoin le peuple béninois, la société civile, les chancelleries et la communauté internationale, et met en garde la CENA ainsi que la Cour constitutionnelle contre toute interprétation qu’il jugerait contraire à l’esprit et à la lettre de l’article 146 du Code électoral, susceptible, selon lui, de conduire à un Parlement monocolore.


