Le Conseil électoral de la Commission électorale nationale autonome (Cena) s’apprête à tourner une page importante de son histoire. À quelques semaines de l’expiration du mandat des membres actuels, l’heure est au bilan pour l’équipe présidée par Sacca Lafia, installée en juillet 2021 dans un contexte de profondes réformes du système électoral béninois.
Prévu pour prendre fin en juillet 2026, ce mandat de cinq ans aura été marqué par plusieurs échéances électorales d’envergure. Les membres du Conseil électoral avaient prêté serment devant le président Patrice Talon le 14 juillet 2021, à la suite de la reconfiguration de la Cena opérée par les réformes électorales.
Depuis cette restructuration, l’institution fonctionne autour de deux organes complémentaires : le Conseil électoral, chargé de l’orientation et du contrôle, et la Direction générale des élections (DGE), qui assure la gestion technique et opérationnelle des scrutins.
Au cours des cinq dernières années, la Cena a supervisé diverses élections politiques et socioprofessionnelles. L’institution a notamment conduit les élections communales, législatives et présidentielle dans un contexte parfois marqué par des tensions politiques et des contestations électorales.
Des recours ont été enregistrés à différentes étapes des processus électoraux, notamment sur les opérations de vote et la centralisation des résultats. Toutefois, les décisions rendues par la Cour constitutionnelle ont, dans plusieurs cas, validé les choix opérés par l’organe électoral.
En plus de la supervision des scrutins, le Conseil électoral avait pour mission de garantir la régularité et la transparence des votes. Il lui revenait également de publier les résultats provisoires des législatives et de la présidentielle avant leur transmission à la Cour constitutionnelle, ainsi que de proclamer les résultats définitifs des élections communales.
Le défi des élections générales de 2026
L’organisation des élections générales de 2026 reste sans doute le plus grand défi relevé par l’équipe de Sacca Lafia. Pour la première fois, le Bénin a organisé des élections communales et législatives couplées avant la tenue de la présidentielle.
Cette réforme électorale représentait un important défi logistique et institutionnel pour la Cena. Malgré les critiques et les débats suscités par certaines dispositions du Code électoral, le processus s’est déroulé dans le respect du calendrier établi.
Plusieurs observateurs considèrent cette expérience comme un test réussi pour l’institution électorale, qui a dû gérer une organisation simultanée de scrutins à grande échelle.
Le renouvellement du Conseil électoral attendu
À l’approche de la fin du mandat des conseillers actuels, le processus de désignation des futurs membres du Conseil électoral devrait bientôt entrer dans sa phase décisive.
Conformément au Code électoral, les membres du Conseil électoral sont nommés pour un mandat unique de cinq ans par décret pris en Conseil des ministres. Le texte prévoit également que les nouvelles désignations interviennent au plus tard soixante jours avant la fin du mandat en cours.
En cas de retard, la Cour constitutionnelle peut intervenir afin d’assurer la continuité du fonctionnement de l’institution.
Le Conseil électoral de la Cena comprend cinq personnalités désignées par différentes institutions et sensibilités politiques, notamment la majorité parlementaire, la minorité parlementaire, le chef de l’État, le chef de file de l’opposition et le corps judiciaire.
À quelques semaines du renouvellement de l’instance dirigeante de la Cena, le passage de l’équipe Sacca Lafia à la tête de l’institution restera associé à la mise en œuvre des réformes électorales et à l’organisation des premières élections générales de l’ère des scrutins couplés au Bénin.


