La rupture politique entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien allié Ousmane Sonko semble désormais consommée. Dans un communiqué publié par son Comité exécutif (COMEX), le parti Pastef-Les Patriotes a annoncé qu’il ne participera pas au prochain gouvernement, mettant ainsi fin aux discussions engagées avec la présidence en vue de la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions entre les deux hommes, autrefois figures complémentaires de l’alternance politique au Sénégal. Les divergences apparues ces derniers mois ont progressivement fragilisé leur collaboration, jusqu’au limogeage d’Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre, ouvrant une nouvelle séquence politique dans le pays.
Selon le communiqué du COMEX, plusieurs échanges ont été menés avec le chef de l’État « dans un esprit de responsabilité » afin de parvenir à un accord sur la composition du futur gouvernement. Le parti précise qu’un long entretien s’est tenu dans la matinée entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
« Des convergences ont certes été confirmées, mais aussi et surtout des points de désaccord, notamment autour de la place et du rôle de la majorité dans le dispositif exécutif, dont nous ignorons tout de la structure », indique le communiqué.
À la suite de cette rencontre, les conclusions des discussions ont été soumises aux instances dirigeantes du parti. Le COMEX affirme que de nouvelles propositions ont ensuite été transmises au président de la République, sans obtenir de réponse favorable.
Face à cette impasse, Pastef a choisi de se retirer du processus gouvernemental. « En conséquence, Pastef ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », tranche le communiqué.
Cette annonce marque une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique sénégalais. Elle confirme surtout l’ampleur de la fracture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, dont l’alliance avait permis l’accession au pouvoir du camp Pastef. Désormais privé de la participation du parti majoritaire à l’exécutif, le chef de l’État devra composer avec une nouvelle configuration politique dont les contours restent à définir.



