mardi, septembre 1, 2026

Un présumé système de rançonnement impliquant plusieurs responsables de la Direction des examens et concours (DEC) a été mis au jour au lendemain de la session 2026 du Certificat d’études primaires (CEP). L’affaire a été révélée ce vendredi 21 août 2026 à Cotonou par le porte-parole de la Police républicaine, le Capitaine-major Éric Orou Yérima, lors d’un point de presse.

Selon les éléments communiqués par la Police républicaine, l’enquête fait suite à des informations faisant état de menaces d’affectation punitive contre des enseignants chargés de superviser le CEP et qui auraient refusé de reverser une partie de leurs primes sous forme de commissions occultes.

  • Des primes de 200 000 FCFA amputées jusqu’à 160 000 FCFA

Les investigations auraient permis de mettre en évidence un mécanisme présumé organisé autour de la désignation des superviseurs dans les centres d’examen.

D’après les enquêteurs, les dix (10) chefs-services de la Direction des examens et concours auraient convenu d’un système de quotas. Chacun aurait ainsi disposé de cinq places lui permettant de désigner des personnes de son entourage pour participer aux travaux de supervision du CEP. Les personnes désignées pouvaient être des enseignants ou non.

Une fois les bénéficiaires sélectionnés, une partie substantielle de leurs primes aurait été récupérée. Alors que les états de paiement faisaient apparaître une prime de 200 000 FCFA, les retenues auraient pu atteindre 160 000 FCFA, laissant seulement 40 000 FCFA aux personnes concernées.

La Police républicaine affirme que ce système présumé aurait fonctionné pendant plusieurs années dans un climat de crainte. Certains acteurs auraient notamment hésité à dénoncer les pratiques par peur d’éventuelles représailles.

  • Huit (08) personnes présentées à la CRIET

Au centre du dispositif présumé, le chef du secrétariat de la Direction des examens et concours est présenté comme le principal auteur présumé des faits. Il aurait agi avec plusieurs chefs-services de la même direction.

Au terme des investigations, huit (08) personnes ont été présentées au parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Selon le porte-parole de la Police républicaine, une personne a été placée sous mandat de dépôt, tandis que les sept autres sont poursuivies sans mandat de dépôt.

La Police républicaine indique par ailleurs que l’attribution de quotas aux chefs-services, présentée comme une « règle d’or » au sein de la DEC, ne repose sur aucune base légale ou réglementaire. Malgré cette absence de fondement juridique, chacun des dix chefs-services aurait bénéficié de cinq places dans le cadre de la désignation des superviseurs.

L’enquête se poursuit afin d’établir les responsabilités de chaque personne impliquée et de déterminer l’ampleur exacte de cette pratique présumée.

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