mercredi, septembre 2, 2026

Dix Afro-descendants ont officiellement obtenu leurs attestations de nationalité béninoise. La cérémonie de remise s’est tenue le samedi 29 août 2026 dans les locaux du Complexe judiciaire de Cotonou, en présence du Garde des sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, et du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Franck Armel Afoukou.

Organisée par l’Autorité de délivrance des actes relatifs à la nationalité, structure placée sous la tutelle du ministère de la Justice et de la Législation, cette cérémonie marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre le Bénin et les descendants de personnes déportées d’Afrique dans le cadre de la traite négrière transatlantique.

Pour les bénéficiaires, l’attestation de nationalité ne constitue pas seulement un document administratif. Elle représente également un lien avec la terre de leurs ancêtres et une démarche de reconnexion avec leurs origines.

Parmi les bénéficiaires, Lavaury Gutemberg Théodore, d’origine antillaise et originaire de la Guadeloupe, vivant en France, n’a pas caché son émotion. « Je suis vraiment fier d’être béninois. Je remercie la population béninoise ainsi que le Gouvernement béninois de nous donner cette occasion de nous honorer et d’honorer aussi nos ancêtres », a-t-il déclaré.

Pour lui, cette démarche constitue un retour aux sources qui devrait, selon ses propos, être considéré comme un devoir pour les Afro-descendants. Après plus de 40 ans passés à l’étranger, il estime que l’obtention de la nationalité béninoise revêt une importance particulière. « Je ne pensais pas qu’un jour on serait arrivé à cela. C’est vraiment un acte trop fort », a-t-il souligné, avant de remercier le gouvernement du président Romuald Wadagni pour cette opportunité.

Autre bénéficiaire, Kiavué Francelise, également originaire de la Guadeloupe, a décrit avec émotion la portée de cette démarche. Elle a expliqué avoir été sensibilisée dès son enfance à l’histoire de ses ancêtres. « Je suis très émue parce qu’en fait, c’est une longue histoire. Dès mon enfance, mon père m’a baignée dans le passé de mes ancêtres. Et aujourd’hui pour moi, c’est une grande victoire », a-t-elle confié.

Elle considère le retour de descendants d’Africains déportés vers leurs terres d’origine comme une forme de réparation symbolique : « Ils ont été arrachés de leur île. Et leurs arrière-arrière-petits-enfants sont revenus. Et donc c’est une victoire. Nous avons gagné ».

À travers cette remise d’attestations, le Bénin entend ainsi renforcer les liens avec les Afro-descendants qui souhaitent renouer avec leur histoire et leurs origines. Au-delà de leur portée administrative, ces actes sont présentés comme un pont entre le passé et le présent, permettant aux bénéficiaires de renouer avec une partie de leur identité et de contribuer à la construction de nouveaux liens entre l’Afrique et sa diaspora.

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