Le ministère béninois de la Justice et de la Législation a procédé, vendredi 22 mai 2026, à la remise officielle d’attestations de nationalité à 22 Afro-descendants ayant choisi de renouer avec la terre de leurs ancêtres. La cérémonie, empreinte de sobriété et d’émotion, s’est déroulée à Ouidah en présence de plusieurs autorités politico-administratives.
Présidée par la conseillère technique du ministre de la Justice et de la Législation, Rose‑Marie Sossa, la cérémonie a également connu la participation du garde des Sceaux, Yvon Detchenou, du maire de Ouidah, Christian Houetchenou, ainsi que de plusieurs personnalités.
Dans son allocution, Rose-Marie Sossa a placé l’événement sous le signe de la mémoire collective, en rappelant la commémoration du 22 mai, date marquant l’anticipation de l’abolition de l’esclavage en Martinique en 1848. Elle a souligné la portée historique et symbolique de cette initiative portée par l’État béninois. « Ici, nous scellons un lien officiel et affectif entre le Bénin et celles et ceux qui reviennent s’inscrire dans leur origine », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la remise de ces attestations dépasse le simple cadre administratif. Elle constitue un acte de reconnaissance historique et un pont entre le passé douloureux de la traite négrière et un avenir fondé sur la fraternité retrouvée.
Les bénéficiaires, venus notamment d’Haïti, de la Martinique, de la Guadeloupe et de plusieurs pays européens, ont exprimé une vive émotion à la réception de leurs documents. Parmi eux, Juole Abelard a évoqué un sentiment de fierté et d’espoir, affirmant son intention de s’installer durablement au Bénin.
De son côté, Éliane Claveau‑Nodanch a comparé cette reconnaissance à « un mariage » avec le Bénin. Plusieurs récipiendaires ont décrit cette démarche comme une réparation intime et une restauration de dignité après des siècles de rupture historique.
Au-delà de l’aspect symbolique, la cérémonie a aussi donné lieu à des réflexions sur l’identité, la mémoire et les liens entre le continent africain et sa diaspora. Pour plusieurs intervenants, cette reconnaissance constitue un geste politique et culturel fort, traduisant la volonté du Bénin de renforcer ses liens avec les descendants des victimes de la traite négrière.
À l’issue de la cérémonie, les autorités ont réaffirmé leur volonté de faire de ces retrouvailles un levier d’échanges durables, tant sur les plans culturel, humain qu’économique, entre le Bénin et ses enfants dispersés à travers le monde.


