samedi, septembre 19, 2026

Huitièmes sur douze équipes engagées au Nantes International Handball Cup 2026 (NIHC 2026), les Guépards U-16 du Bénin ont livré une campagne riche en enseignements. Au-delà du classement, cette participation aura surtout permis aux jeunes handballeurs béninois de se confronter à un niveau de jeu différent, de découvrir de nouvelles exigences arbitrales et de mesurer les aspects techniques à améliorer pour franchir un nouveau cap.

Au terme de la compétition, l’entraîneur principal des Guépards U-16, Barry Babatchene, revient sur le parcours de ses protégés dans un entretien exclusif. S’il estime que la 8ᵉ place reste « une place à féliciter », le technicien béninois considère néanmoins que son équipe avait les moyens de terminer plus haut.

  • Une 8ᵉ place honorable, mais un potentiel pour viser plus haut

Pour Barry Babatchene, le classement final ne reflète pas totalement le niveau affiché par les Guépards U-16 durant la compétition. « Les Guépards U16 ont occupé la 8e place, qui est une place à féliciter. Même si nous pouvons faire mieux », explique-t-il. Le technicien béninois estime même que son équipe pouvait prétendre à la cinquième position. « Selon moi, la place qu’on méritait même, c’est la 5e place que nous méritons, puisque on était au-dessus des autres équipes », affirme-t-il.

Mais dans les moments décisifs, certains détails ont fait la différence. Les dernières minutes de plusieurs rencontres ont notamment été marquées par de la précipitation dans le jeu offensif. « Les Guépards étaient un peu pressés, il y avait trop de précipitation dans le jeu, ce qui leur a causé certaines pertes de balle qu’il ne fallait pas », analyse le technicien.

À cela s’ajoute une autre difficulté : la découverte d’un environnement arbitral différent de celui auquel les jeunes joueurs sont habitués au Bénin. « L’autre chose, c’est des sanctions de 2 minutes auxquelles les enfants n’étaient pas habitués dans notre championnat au Bénin », souligne Barry Babatchene.

  • Une progression visible au fil de la compétition

Au-delà du classement, le principal motif de satisfaction réside dans la progression des jeunes Guépards au fil des rencontres. Pour le sélectionneur, les joueurs ont progressivement réussi à s’adapter aux exigences du tournoi et à leur nouvel environnement de compétition.

« On a noté une nette progression au niveau des enfants au cours de la compétition. Et au regard des scores, on peut déjà le constater », explique-t-il.

Cette progression s’est également matérialisée dans la capacité des joueurs à s’adapter à l’arbitrage européen. « Au fur et à mesure que les enfants jouaient, ils étaient dans la compétition, ils ont essayé de s’adapter au fur et à mesure à la manière dont les arbitres sifflent en Europe et ils ont pris des enseignements », poursuit-il. Une adaptation qui n’a pas toujours été immédiate, mais qui témoigne, selon lui, de la capacité d’apprentissage du groupe.

  • Une défense qui a donné satisfaction

Parmi les points forts identifiés durant le tournoi, le secteur défensif occupe une place particulière. Barry Babatchene ne cache pas sa satisfaction à ce niveau : « Côté défensif, franchement, je tire un coup de chapeau aux Guépards U16. En défense, ils ont été impeccables. »

Le constat est différent en attaque, où les jeunes joueurs ont encore montré quelques fragilités, notamment dans la gestion du ballon. Mauvaises passes, mauvaises réceptions et précipitation ont parfois empêché l’équipe de concrétiser certaines situations.

Mais là encore, une amélioration a été observée au fil de la compétition. « Ils ont vu qu’il faut faire moins de pertes de balle en attaque pour pouvoir espérer marquer plus de buts », relève l’entraîneur.

  • Couloirs de jeu, espaces, passes et vision : les priorités de la formation

Pour Barry Babatchene, le principal chantier se situe désormais dans la formation technique et tactique des jeunes joueurs. Les classes sportives et les clubs formateurs doivent davantage travailler les fondamentaux qui permettent à un joueur de comprendre et d’exploiter efficacement les espaces.

« C’est d’apprendre au joueur, première chose, quel est le couloir dans lequel il doit jouer par rapport à son poste », insiste-t-il.

Le joueur doit également apprendre à identifier l’espace à occuper lorsqu’il attaque afin de créer une supériorité numérique : « Quand je vais vouloir attaquer, quel espace je dois prendre pour pouvoir créer la supériorité numérique d’attaque sur la défense, parce que c’est ce qu’on cherche pour pouvoir aller au tir. »

Le travail doit aussi porter sur la qualité des passes et des réceptions. Pour l’entraîneur, il ne suffit pas de transmettre le ballon à un partenaire. Il faut être capable d’apprécier la situation de jeu, de réaliser la bonne passe et de permettre au partenaire de réceptionner dans son espace d’attaque.

D’où la nécessité, selon lui, pour les encadreurs de mettre en place des exercices adaptés afin de permettre aux jeunes joueurs de maîtriser ces éléments fondamentaux. « Il faut minimiser la perte de balle quand on va en attaque », résume-t-il.

  • Le rôle déterminant des gardiens

Dans son analyse, Barry Babatchene insiste également sur deux autres aspects : l’observation et la vision de jeu en attaque, mais aussi le travail spécifique avec les gardiens de but.

« L’autre chose : l’observation, la vision de jeu quand on est en attaque. Donc ça, il faut qu’on puisse travailler ça au niveau des enfants », explique-t-il.

Mais le technicien attire surtout l’attention sur une problématique souvent négligée dans la formation : le travail des gardiens. « Nos gardiens de but sont souvent lésés parce qu’on ne travaille pas assez avec les gardiens de but », regrette-t-il.

Pour lui, l’importance du gardien dans la performance collective ne fait aucun doute : « Aujourd’hui, les gardiens de but, ce sont eux qui font les matchs. » Il va même plus loin en soulignant qu’un gardien capable d’atteindre 50 % d’arrêts peut considérablement augmenter les chances de victoire de son équipe.

  • L’Académie du HBC Nantes Bénin, un véritable moteur de motivation

L’autre enseignement majeur de cette expérience concerne la collaboration avec le HBC Nantes et la mise en place de l’Académie au Bénin.

Pour Barry Babatchene, le projet constitue avant tout un puissant facteur de motivation pour les jeunes. « L’Académie de Nantes, c’est un très bon projet dans la mesure où les enfants ont un élément motivateur, qui est de faire partie de cette équipe qui doit aller en France pour aller jouer contre d’autres équipes. »

La possibilité de participer à une expédition en France pousse également les autres jeunes à travailler davantage pour intégrer le groupe. « Cela permet à ceux qui ne sont pas encore allés une seule fois de travailler ardemment pour pouvoir mériter une place dans cette équipe, dans cette académie », souligne-t-il.

  • Pour une continuité de la formation au-delà des U-16

Mais l’entraîneur souhaite que le projet aille au-delà des voyages à Nantes. Il plaide pour un véritable mécanisme de suivi des jeunes après leur passage dans la catégorie U-16.

« Il faudrait que dans l’académie, il puisse y avoir un suivi », insiste-t-il, notamment pour les joueurs qui dépassent l’âge permettant de participer aux expéditions à Nantes.

L’objectif serait de maintenir la continuité du travail et de permettre aux jeunes de continuer à progresser avec des encadreurs adaptés. Car l’expérience européenne permet justement aux joueurs et aux entraîneurs de prendre conscience des différences qui existent entre les deux environnements.

« Même leurs entraîneurs ont vu ou voient la différence entre le handball européen et le handball béninois », constate Barry Babatchene. Pour lui, cette expérience doit donc servir de point de départ pour améliorer progressivement la manière de jouer des jeunes au Bénin.

  • Une Académie intégrée au championnat pour faire évoluer le handball béninois

Barry Babatchene va encore plus loin dans sa vision du projet. Il estime que l’Académie devrait pouvoir s’inscrire durablement dans le système national de compétition.

« L’académie, selon moi, doit former ces enfants et s’inscrire dans notre championnat et jouer les championnats de catégories d’âge », propose-t-il.

Cette intégration permettrait d’assurer une continuité entre les différentes catégories : des U-16 aux U-18, puis aux U-21 et enfin aux seniors. « Il faudrait qu’il y ait une continuité dans le travail avec l’académie », affirme-t-il.

À terme, cette structure pourrait également contribuer à diffuser progressivement de nouvelles méthodes et une nouvelle culture de jeu dans le championnat béninois. « Il faut que l’académie s’installe comme un club qui participe à nos championnats et puisse amener progressivement la manière de jouer de l’Europe vers le Bénin, ce qui va tirer les autres clubs aussi à suivre la tendance. »

  • Un tournoi comme point de départ d’une nouvelle étape

La participation des Guépards U-16 au NIHC 2026 aura donc été bien plus qu’une simple compétition internationale. Elle aura permis aux jeunes Béninois de se confronter à d’autres styles de jeu, de mesurer leurs acquis, mais surtout d’identifier les domaines dans lesquels ils doivent encore progresser.

Pour Barry Babatchene, les priorités sont désormais clairement identifiées : maîtrise des espaces et des couloirs de jeu, qualité des passes et des réceptions, vision de jeu, réduction des pertes de balle et meilleur accompagnement des gardiens de but.

Et au-delà de ces aspects techniques, l’entraîneur voit dans l’Académie du HBC Nantes un levier susceptible d’inscrire cette progression dans la durée. Une ambition qui pourrait, selon lui, contribuer à rapprocher progressivement le handball béninois des standards européens, à l’image de ce que l’Égypte a déjà réussi à faire à l’échelle africaine.

À Nantes, les Guépards U-16 n’ont donc pas seulement joué pour un classement. Ils sont revenus avec une expérience, des enseignements et surtout une feuille de route pour la suite de leur formation.

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