L’ancien président de la République, Boni Yayi, siégera finalement au Sénat. Il l’a annoncé ce mercredi 22 juillet 2026 à travers une déclaration de presse mettant ainsi fin aux interrogations sur sa participation à la nouvelle chambre du Parlement.
Dans son message, l’ancien chef de l’État rappelle qu’il s’était initialement opposé à cette éventualité. « Au moment où le projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat a été introduit, (…) j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution », a-t-il rappelé.
Boni Yayi estime toutefois que le contexte politique national a profondément évolué depuis l’adoption et la promulgation de la loi. « Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore. Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants, voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats », a-t-il déclaré.
L’ancien président affirme également partager les préoccupations des Béninois en faveur d’un apaisement du climat politique. Il cite parmi ses priorités le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le renforcement de l’unité nationale, la sécurité, le dialogue, la démocratie et la paix. « Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie, le pain et la paix. Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique », a-t-il assuré.
C’est au regard de ces considérations que Boni Yayi dit avoir revu sa position. « Après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple », a-t-il expliqué.
L’ancien chef de l’État annonce ainsi qu’il exercera le droit que lui confère la Constitution. « En vertu de l’article 113-3 de la Constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », a-t-il précisé.
Boni Yayi a également exprimé son ambition pour cette nouvelle institution. « Je m’efforcerai avec mes collègues à faire du Sénat un vase d’honneur pour les intérêts du peuple », a-t-il affirmé, avant d’inviter les Béninois à « continuer de prier pour notre pays et d’œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie ».
Pour rappel, la séance inaugurale de la nouvelle institution parlementaire est programmée pour le jeudi 30 juillet 2026, selon une correspondance adressée par l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, doyen d’âge du Sénat, au président de l’Assemblée nationale.
Cette première session marquera le début effectif des activités de la chambre haute du Parlement béninois. En attendant l’aménagement de ses propres locaux, la cérémonie d’installation se déroulera provisoirement au siège de l’Assemblée nationale à Porto-Novo.


