lundi, août 3, 2026
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La République du Tchad a officiellement engagé son retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué rendu public le 27 juillet 2026, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger indique avoir notifié cette décision au Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), dépositaire du traité, conformément aux dispositions de l’article 127 du Statut de Rome.

Selon les autorités tchadiennes, cette décision est le résultat d’une évaluation approfondie du fonctionnement de la CPI depuis sa création en 2002. Le gouvernement estime que le bilan de la juridiction internationale demeure en deçà des attentes ayant motivé sa mise en place et dénonce une efficacité jugée « limitée » ainsi qu’un traitement qu’il considère comme « sélectif ».

Dans son argumentaire, N’Djamena s’appuie sur les statistiques publiées par la Cour et actualisées au 11 mai 2026. Le gouvernement souligne que, sur les 125 États parties au Statut de Rome, 33 sont africains. Il relève également que neuf des treize enquêtes ouvertes par la CPI concernent des pays africains, tandis que les quatre autres situations ouvertes hors du continent n’ont, selon lui, enregistré que peu d’avancées. Les autorités tchadiennes mettent également en avant le fait que six des sept personnes actuellement détenues par la Cour sont poursuivies dans des affaires liées à des situations africaines.

Pour le gouvernement tchadien, ces éléments nourrissent une perception largement partagée selon laquelle l’activité judiciaire de la CPI demeure principalement concentrée sur le continent africain et, plus largement, sur les pays du Sud global.

Dans cette perspective, le Tchad appelle l’Union africaine et ses États membres à accélérer le développement et l’opérationnalisation des mécanismes judiciaires africains. L’objectif affiché est de bâtir une justice continentale « plus équitable, plus équilibrée, plus crédible et plus efficace », tout en respectant la souveraineté des États africains.

Malgré ce retrait, les autorités tiennent à préciser que cette décision ne remet pas en cause leur engagement dans la lutte contre l’impunité. Le gouvernement affirme demeurer attaché à la poursuite des auteurs des crimes les plus graves et au respect des autres obligations internationales auxquelles le pays est partie.

Pour N’Djamena, cette décision ne constitue donc pas un renoncement à la justice pour les victimes, mais traduit la conviction que les juridictions nationales et les mécanismes judiciaires africains disposent désormais de capacités croissantes pour assurer cette mission.

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