À Ouaké, une affaire de moto volée a pris une tournure pour le moins inattendue. Deux individus, soupçonnés d’avoir participé au vol d’un engin, se sont retrouvés à se disputer son devenir. Leur querelle a finalement permis à la police de remonter jusqu’à eux.
L’histoire ressemble presque à un scénario de comédie, sauf que la fin est beaucoup moins drôle pour les principaux protagonistes. Dans la commune de Ouaké, une enquête menée par le commissariat de l’arrondissement de Sèmèrè a permis de retrouver une moto de marque HAOJUE, dont les documents et la plaque d’immatriculation étaient falsifiés.
À l’origine de cette affaire, un premier individu, déjà connu des services de police pour plusieurs antécédents judiciaires et actuellement en détention, aurait demandé à son acolyte de revendre la moto. L’objectif était notamment de lui faire parvenir de l’argent pour subvenir à ses besoins depuis sa cellule.
Le second individu ne l’entendait toutefois pas de cette oreille et aurait refusé de procéder à la vente de la moto. Pour tenter de le faire changer d’avis, il aurait d’abord sollicité l’aide d’un électricien de son entourage, sans succès. Face à ce refus, il serait finalement passé à la manière forte, en organisant une opération au cours de laquelle des individus venus de l’arrondissement d’Alédjo ont récupéré la moto par la force.
Mais dans ce scénario, un détail allait rendre l’affaire particulièrement cocasse. Alors que son ordre avait déjà été exécuté, le détenu, qui n’était apparemment pas informé de l’opération, a écrit depuis sa prison pour se plaindre de son acolyte et réclamer une intervention.
Saisie sur instructions du procureur de la République près le tribunal de première instance de Djougou, la Police républicaine a ouvert une enquête. Les investigations conduites par le commissariat de Sèmèrè ont permis de découvrir que la carte grise et la plaque d’immatriculation de la moto étaient falsifiées.
Autrement dit, celui qui réclamait avec insistance la vente de la moto n’en était pas le propriétaire légal. Les éléments recueillis au cours de l’enquête laissent plutôt penser que les deux individus auraient participé ensemble au vol, avant de se retrouver en désaccord sur le sort à réserver au butin. Les deux suspects ont été présentés à l’autorité judiciaire et placés sous mandat de dépôt.
La moto appartient en réalité à Apouh Soulémana Moustakin, identifié dans les fichiers de l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT). L’engin porte la plaque d’immatriculation 2DB 9469 RB.
La Police républicaine invite le propriétaire légitime à se rapprocher du commissariat de l’arrondissement de Sèmèrè, dans la commune de Ouaké, afin de fournir les précisions nécessaires et procéder à la récupération de sa moto.

